RDC : Les chiffres qui attestent le ralentissement de l’activité bancaire en 2016

[ 10-01-2017 ]

La détérioration de l’environnement macroéconomique a été à la base du ralentissement de la dynamique du secteur bancaire tout au long de l’année 2016 affirme le journaliste expert en économie congolaise, Eric Tshikuma sur son site Zoom Eco.
Se basant sur des données de la Banque Centrale du Congo en fin novembre 2016, le site souligne que le total bilantaire des banques a enregistré une baisse de l’ordre de 5 % contre une hausse de 11 % au cours de la période correspondante de 2015. Par conséquent, il s’est établi à 4,9 milliards USD.

Les crédits nets à la clientèle, lesquels ont connu une croissance de 15,4 % en 2015, ont quasiment stagné en 2016, avec une hausse négligeable de 0,6 %. Par contre, les dépôts bancaires ont baissé de 6 %, se situant à 3,4 milliards USD. Aussi, faut – t – il indiquer, le produit net bancaire a reculé de 25,51 millions USD, comparé à son niveau de l’année 2015.

La dégradation du portefeuille crédit est la principale source des pertes et des difficultés de trésorerie que connaissent généralement les banques. Cependant, le taux brut de dégradation du portefeuille des banques a connu une hausse de 6 points passant de 13 % à 19 % d’une année à l’autre.

Quant aux conditions de liquidité du système bancaire, le ratio y afférent a enregistré une baisse, se situant à 111 % en 2016 contre 125,0 %. Le ratio de la solvabilité globale s’est fixé à 14 % contre 21,0 % à la période correspondante de 2015. Toutefois, a indiqué le Gouverneur Déogracias Mutombo, ces deux indicateurs demeurent au-dessus de leurs normes respectives, à savoir 100 % et 10 %.

Si cette situation peu reluisante a poussé la Banque Centrale du Congo à intensifier la surveillance tant individuelle que collective des établissements de crédit, en veillant au strict respect de la réglementation en vigueur, des efforts sont encore à fournir pour veiller au respect de normes quantitatives prudentielles de gestion ainsi que des règles qualitatives de gouvernance et de gestion des risques.

De l’autre côté, les perspectives de 2017 indiquent que l’économie congolaise ne pourrait tirer de bénéfice réel de la bonne conjoncture internationale que si une véritable dynamique est enclenchée au niveau interne pour accélérer la mise en œuvre des réformes économiques et financières pertinentes. Pour la BCC comme bien d’autres d’analystes, il y a nécessité pour le Gouvernement congolais de redynamiser les actions retenues dans le cadre des 28 mesures urgentes pour la stabilisation et la relance de l’économie congolaise.

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