Le bureau du travail « Don Bosco Lukunga » s’alarme : Encore des millions de jeunes chômeurs au Congo d’ici 2020

[ 07-11-2016 ]

Dans un récent plaidoyer réalisé, le Bureau du travail démontre la situation alarmante de chômage qui guette les jeunes congolais à l’horizon 2020 et attribue cette triste réalité au manque de volonté politique. « Dans notre pays, nous ne manquons pas de travail à effectuer, ni de ressources et moins encore de potentialités. Simplement, il s’agit de partager et de redistribuer les richesses pour financer des emplois équitablement », indique ce plaidoyer.

En RD Congo, entre 7 et 10 millions de jeunes intègrent, chaque année, le marché du travail, et ce marché ne croît pas assez rapidement pour les accueillir. A peine 10 % trouvent emploi correspondant à leurs capacités et compétences, et beaucoup continuent à souffrir. Car dans certains cas, les salaires sont extrêmement bas. Parmi eux, il y a de plus en plus de jeunes formés dans les centres de métiers, et leur nombre, entre 1999 et 2011, a plus que triplé, passant de 1,6 million à 4,9 millions. Ils seront pratiquement le double en 2020, soit 9,6 millions de jeunes chômeurs au Congo.
Ce constat devait faire, en principe lieu d’une réflexion pour une réponse appropriée dès lors qu’on envisage un avenir radieux pour un pays qui peine à décoller réellement sur le plan économique.

Pourquoi tant de jeunes se retrouvent-ils au chômage ?

Souvent, l’on veut se dédouaner avec facilité, pour ne pas dire légèreté, en évoquant le fait que le chômage touche même les pays très développés. Mais, les causes autant que la proportion de ce chômage, ne se valent pas avec le cas de la RDC. Au-delà, de tout, la justification ne peut remplacer l’effort réel à diminuer sensiblement cette triste réalité dont l’éradication totale est un idéal pas facile à prétendre.

A regarder de près, les causes du chômage des jeunes, comme celui d’autres groupes, ne se trouvent pas que dans un manque de formation, des systèmes scolaires déficients ou la présence plus forte de multinationales qui imposent un rythme inhumain. Sans remettre en cause cette thèse, il y a bien plus des raisons ailleurs.
Personne n’ignore que le monde du travail n’est plus pensé et organisé de manière systématique, pour permettre à chacun de nos lauréats de trouver sa place et de subvenir à ses besoins vitaux.

La logique est pour un petit nombre de gagner un maximum et pour d’autres de survivre tant bien que mal, en espérant ne pas être mis de côté.
Il est autant curieux de voir que l’Etat congolais soit incapable de mieux réguler ou contrôler les mécanismes d’employabilité du secteur privé, car lui-même développe un flou dans le secteur public. En effet, il est difficile en République démocratique du Congo d’établir un lien transparent de recrutement pour les entreprises publiques : OCC, OGEFREM, RTNC, DGI, RVM, RVA, etc. Il n’y a aucun concours reconnu qui puisse mettre en compétitivité de manière égale, les jeunes congolais pour obtenir par mérite un poste au sein de ses entreprises publiques. Le mode d’obtention du travail est le plus opaque jamais vu au point que ceux qui n’ont pas ce qu’ils appellent « parapluie » ne peuvent jamais rêver gouté à leur ambition. Ce qui justifie l’inaction de l’Etat face à l’inégalité de chances et la difficile insertion professionnelle réussie des demandeurs d’emploi chez les particuliers.

La justice sociale : un début de réponse

L’enjeu central en recherchant l’emploi, c’est de rendre service à l’entreprise et par extension à la communauté tout en trouvant son bien être personnel. Il faut garantir l’égalité de chance au départ, pour permettre à chacun et chacune – fille ou garçon – d’apporter sa contribution à la société et non de les empêcher égoïstement par la négation des valeurs ou l’inversion de celles-ci cédant à des pratiques nuisibles telles que le favoritisme, le népotisme, le tribalisme, le clanisme, le pot de vin.

En rendant le demandeur d’emploi très vulnérable, Le système encourage donc des approches indignes telles que la prostitution dans la mesure où certaines filles doivent faire le « makayabu », en allant ignoblement avec un décideur pour trouver un travail rémunérateur. Tout, en effet, se passe comme si celui-ci était son partenaire sexuel à volonté.

Et pourtant, il y a lieu de mieux réguler ce secteur, et de garantir un bien être à la jeunesse congolaise. Ainsi donc, devant cet immense défi à relever exige plus de responsabilité sociale et de conscience citoyenne. Mieux un esprit patriotique doublé des valeurs morales et éthiques. Garantir une bonne formation en amont et rassurer d’une bonne insertion professionnelle en aval est une justice sociale que seule la volonté politique peut rendre possible.

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