Percée chinoise : L’Afrique entre la vocation des fournisseurs des matières premières et l’impératif d’industrialisation

[ 31-10-2016 ]

Au moment où la Chine fait sa percée en Afrique, il s’observe que la plupart des pays qui ont ouvert les bras à la main-d’œuvre chinoise, ont ciblé les infrastructures comme secteur d’intervention. Pour l’heure, les observateurs se rendent à l’évidence que le continent fait face à plus d’une priorité, dont essentiellement l’industrialisation de son économie. Car depuis les indépendances, l’Afrique « garde » la vocation de fournisseur des matières premières sur le marché mondial.

Pendant ce temps, l’urbanisation des populations est une réalité persistance à travers le continent noir. A cheval entre la volonté politique de démocratiser les institutions et des conflits armés intermittents, les gouvernements africains sentent monter en eux le besoin de pacifier et de rénover leurs espaces d’autorité. Ceci pour notamment planifier la question relative à l’industrialisation de leurs économies. Mieux que l’Occident, la Chine répond mieux à cet appel. L’on se rappellera déjà qu’à l’époque des édifices comme le Palais du Peuple ou le stade des Martyrs son des chefs d’œuvres chinois en République démocratique du Congo.

C’était autant compréhensible qu’à l’issu des élections de 2006, le gouvernement congolais signe un contrat avec les chinois pour le plus grand dans le secteur des infrastructures. Mais, il faut dire que ça gène quand pour réaliser des infrastructures, il faut en plus de l’expertise technologique ou technique, amener aussi une main d’œuvre d’ouvrier chinois pour envahir les chantiers amorcés en Afrique. Et pourtant, cela pouvait être une opportunité pour les nationaux. « Il faut faire de l’emploi des jeunes une priorité de l’action gouvernementale », a suggéré le Français Raymond Jarret, touriste et ami de l’Afrique.

Quand la vocation des matières premières insécurise le continent

L’Afrique doit produire, pour assurer la redistribution des richesses nationales, et projeter ainsi sa sortie du tunnel. Face à la croissance démographique, les analystes redoutent un déséquilibre constant, car la vocation des matières premières tant minières qu’alimentaires, a de tout temps exposé le continent aux aléas du marché mondial, aux fluctuations des cours de change. C’est sur ce registre que s’inscrivent le plus souvent plusieurs insurrections, des guerres interminables et rebondissement sans cesse des mouvements de rébellion. Les gouvernements doivent contenir les conflits armés internes et ceux externes, réprimer la corruption galopante, assainir la gouvernance, promouvoir le milieu rural, contrôler les échanges transfrontaliers… Ainsi, ça éviterait des contrats léonins et autres canaux illicites d’exportations abusives des matières premières vers les puissances économiques.

La Côte d’ivoire avec son cacao, le Sénégal avec ses arachides, le Mali et le Nigéria avec leurs réserves respectivement d’or et du pétrole, la RD Congo avec sa production du manioc et d’huile de palme échappant aux statistiques, la Zambie avec son maïs, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Lybie, la Guinée équatoriale avec leurs réserves pétrolières, pour ne citer que ces cas. Dans l’un ou l’autre cas, cela va sans dire, le passage de la vocation des matières premières à l’industrialisation pourrait booster l’emploi des jeunes.

Dans son livre intitulé « l’Afrique des villages »paru aux éditions Karthala (France) en 1983, le Camerounais Jean Marc ELA posait déjà un réel diagnostic à l’échelle du continent. L’auteur, en effet, démontrait que les villages pourraient bien servir de poumon à l’envol africain. Cette thèse reste d’actualité aujourd’hui pour l’Afrique et nécessite plus de conscience pour un déclic réel.

La promotion du milieu rural, d’où sont puisées toutes les matières premières tant minièresqu’alimentaires est uneétape incontournable dans le processus de la transformation sociale.

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